Démission du ministre DAOUDI, et après

آخر تحديث : الجمعة 8 يونيو 2018 - 10:21 صباحًا
Démission du ministre DAOUDI, et après

Dernièrement, le ministre Lahcen Daoudi n’a pas cessé de ressasser cette idée que le peuple a bel et bien élu le PJD, le parti auquel il appartient. Il brandissait cette phrase en réponse à ses contradicteurs sous la coupole parlementaire et dans d’autres contextes médiatiques. Toutefois, la conception que le ministre se fait de la démocratie est dépassée depuis des décennies. En effet, la pratique de la démocratie ne se limite pas au jour des élections. Les citoyens la revendiquent au quotidien en surveillant leurs gouvernants conformément à la vision participative à travers des institutions et organisations dédiées à cet effet. L’avantage de cette conception inclusive de la démocratie consiste àmaintenir la vigilance citoyenne en éveil afin d’intervenir le cas échéant pour rappeler à l’ordre l’élu ou les élus égarés en exercice.

Certains propos et a fortiori la participation de M.Daoudi à la manifestation des employés de Centrale Danone incarnent cet état d’égarement, voire d’écart de conduite déontologique et protocolaire eu égard à sa qualité de ministre. La vision daoudienne de la démocratie est insidieuse et inappropriée puisqu’elle recèle en son sein l’idée de tromperie ou de trahison même. C’est-à-dire que l’élu une fois investi de sa mission est fondé à agir au gré de ses propres intérêts ou de ceux de certains lobbys au grand dam des citoyens et au mépris des engagements pris. A-t-il oublié que la légitimité et la crédibilité d’un parti émanent de la confiance que les citoyens lui accordent?Si le PJD a été « élu grâce à son programme », le non-respect des promesses électorale met fin au pacte de confiance qui les lient au peuple.

Maintenant que les événements ont pris une tournure plus ou moins naturelle à travers la « démission » du ministre Daoudi, il faut souligner la chose suivante : si cette décision est prise motu proprio par M. Daoudi comme signe d’aveu d’inconduite commise, le geste est à saluer sans conteste. En revanche, si la décision est prise dans le cadre des concertations au sein du parti, la décision ne traduit pas le sens de responsabilité. On peut même aller jusqu’à supputer que le parti a mené un jeu malhonnête en supposant que le départ du ministre controversé épargnerait « la mise à mort » du gouvernement actuel. Or, tout le gouvernement et le parlement d’ailleurs cristallisent la crise et catalysent le désenchantement populaire. Le peuple éprouve une grande nausée à l’égard de ces deux institutions inefficaces car prédatrices des deniers publics sans réelles retombées positives sur l’ensemble des citoyens. Dans une démocratie qui se respecte, le citoyen demeure au centre des préoccupations des décideurs politiques. En servant le peuple, ces élus servent simultanément leurs propres intérêts à l’image de la notion de main invisible développée par Adam Smith qu’il illustre par l’exempled’un boulanger : En vendant le pain, celui-ci cherche son propre intérêt tout en étant au service de la collectivité. Le Maroc a besoin d’un gouvernement gagnant-gagnant dans son rapport avec les citoyens.

Brahim ZAIM

Chercheur – Québec

2018-06-08 2018-06-08
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محمد