LA TRADUCTION LITTERAIRE UNE TRIPLE INTERACTION-RECEPTION A RESOUDRE

آخر تحديث : السبت 5 يناير 2019 - 9:30 صباحًا
LA TRADUCTION LITTERAIRE UNE TRIPLE INTERACTION-RECEPTION A RESOUDRE
CHOUJARI Mohamed

Pr. NADIA BIROUK

Faculté des Lettres

Et des Sciences Humaines

Ain Chock-Casablanca

Université Hassan II

LA TRADUCTION LITTERAIRE UNE TRIPLE INTERACTION-RECEPTION A RESOUDRE

                                                          

Colloque international

La traduction littéraire entre productivité et réceptivité

(En hommage à M. Le Professeur Mohamed EL OUALI)

Fès- Maroc : 29-30 novembre 2018

Un livre traduit est avant tout un livre reproduit. Un livre autre que le livre originel, surtout quand il s’agit de la traduction d’une œuvre littéraire. Nous avons affaire ici, à une première interaction du traducteur avec l’ouvrage brut : cette interaction réceptive et non réciproque, peut aboutir à une reproduction importante, qui prend en compte la qualité stylistique, émotionnelle, littéraire, sémantique, dimensionnelle de l’ouvrage objet de traduction, comme elle peut complètement dérailler et rater son but. La seconde interaction est relative au traducteur avec son propre livre traduit, avec cette reproduction d’un texte-autre, qui devient un texte en soi et de soi, dans la mesure où le traducteur est un intermédiaire entre l’auteur et un lecteur supposé, mais inattendu. Cependant, le traducteur est le récepteur d’un texte qui lui est étranger, quoiqu’il devienne le sien par droit de traduction. La troisième interaction, voire réception, est liée au lecteur du livre traduit, qui ignore la langue initiale de l’écrit et qui fait confiance au traducteur. Ce dernier se substitue dans ce cas, à l’écrivain du livre et parle en son nom : tout propos mal traduit ou bien traduit est souvent lié au créateur de l’ouvrage littéraire et non au traducteur. Pourtant, le lecteur est amené à interpréter et à redécouvrir le livre originel selon ce nouvel angle de vue, ce qui pose problème. Dans cette communication nous allons expliquer la particularité de la traduction littéraire, qui reste une vraie énigme à résoudre et qui nécessite des vrais spécialistes capables de transmettre les messages liminaires d’un texte qui leur est singulier. Reste à savoir si un lecteur qui maîtrise déjà la langue rudimentaire du livre traduit, peut mettre facilement le traducteur et son travail en question, puisqu’il pourrait simplement comparer les deux auteurs, les deux produits et valoriser ou dévaloriser l’un ou l’autre. Ce qui montre que la traduction littéraire est plurielle et demande d’être prise au sérieux. Comment peut-on dans ce sens, adhérer aux idées traduites sans méfiance ? Comment déterminer ces diverses interactions et en tirer profit ? Comment assurer une vraie traduction littéraire sans lacunes et sans failles ?

Les particularités de la traduction littéraire

Le texte littéraire est un texte unique, voire particulier, qui impose ses propres structures, son propre contenu et sa  propre morphologie. Un texte difficile à définir puisqu’il réunit plusieurs genres ayant une portée historique, formelle et communicative différées. Contrairement à l’oral, il est coupé de sa situation de communication. Imposant ainsi à ses récepteurs de se documenter, de remonter dans le temps et dans l’espace pour saisir ses caractéristiques, afin de le décrypter. Il s’agit d’un écrit fonctionnel produisant un discours semblable à celui de l’oral, et contenant une information codée à interpréter. Le texte littéraire est illimité, ouvert et polysémique. Illimité dans le sens de l’impossibilité de cerner une création ou de l’épuiser au niveau analytique. Nous avons souvent un seul texte littéraire et plusieurs lectures ou explications d’où sa polysémie. Ouvert dans la mesure où l’auteur depuis la déclaration de sa mort avec Roland Barthes, n’est plus responsable de son acte d’écrire. Après tout, le texte littéraire n’est que sa réception, il ne prend vie d’une fois lu. Dans ce cas, dissocier l’acte d’écrire de l’acte de lire est désormais impossible. De là, traduire un texte littérature est un travail ardu. Premièrement, le texte littéraire cristallise la vision ou la pensée individuelle d’un écrivain avant de relater sa culture, ses partis pris ou ses préoccupations. Deuxièmement, traduire un pareil texte est impossible, mais utile pour redécouvrir autrement l’Autre. Pourtant, le texte traduit n’est qu’un produit destiné à être vendu. Nous identifions ici, une création littéraire comme produit, une fois éditée ou traduite dans la mesure où elle est commercialisée, demandée ou sollicitée par un consommateur. Ce dernier est le lecteur ordinaire que nous sommes. Troisièmement,  le traducteur en lui-même est un lecteur qui est censé maîtriser la langue source dans laquelle l’œuvre est écrite et la langue cible en laquelle  l’œuvre sera traduite. Cette situation d’énonciation donne au traducteur plusieurs statuts à la fois. Il est d’abord le lecteur réel, en chair et en os, et surtout le lecteur crucial d’une œuvre qui lui est étrangère, ensuite l’auteur secondé d’une reproduction autre que le texte originel et finalement un intermédiaire entre le lecteur en langue accueillie et l’auteur de l’ouvrage en langue d’accueil. Nous nous posons alors la question suivante : en quoi consiste la fonction du traducteur-lecteur ?

Le traducteur-lecteur

Le traducteur littéraire n’est pas toujours un lecteur habituel. Il peut être un traducteur libre ou académique qui peut jongler entre deux langues ou qui trouve du plaisir à traduire un texte de l’une ou de l’autre. Pourtant le traducteur littéraire est généralement un professionnel qui accomplit une tâche au sein d’une maison d’édition, qui travaille sur commande après avoir établi un contrat avec un éditeur, qui lui suggère de collaborer avec un auteur contemporain, de traduire les œuvres classiques ou posthumes d’un écrivain  renommé dont la réception est plus large. Cela veut dire que l’acte de traduire dans ce cas, est un métier conditionné et non un choix par intérêt ou par plaisir. Ainsi, le traducteur littéraire est désigné selon ses compétences ou ses habiletés à traduire, en revanche, l’auteur est choisi selon son lectorat ou selon la célébrité de ses créations qui n’ont rien à voir avec la compétence ou les diplômes, dans la mesure où l’écrivain ne peut se contenter d’écrire pour vivre et ne peut faire de son acte un métier que rarement. Le traducteur-lecteur redécouvre l’ouvrage selon de nouveaux angles de vue, il est un lecteur explorateur qui ne se contente point de lire le texte originel, mais il l’explore doublement dans une autre réception future où il imagine êtres et choses dans leurs moindres détails. Chaque mot et chaque expression lus sont renvoyés automatiquement à leur double dans la langue cible. Cette lecture dynamique, le désigne comme un récepteur dédoublé dans la mesure où il reçoit le même texte en deux langues quoiqu’inconsciemment et ne peut avancer sans chercher à comprendre un sens en le redirigeant vers un autre, qui doit décrire avec précision le premier. Le traducteur doit lire comprendre et progresser selon la complexité du texte lu: « Les variations de tension entre compréhension et progression dépendent non seulement de l’effort et de l’énergie que le lecteur met à approfondir sa compréhension du texte, mais encore du mode de représentation en jeu, que celle-ci soit pauvre comme dans la littérature populaire, riche comme dans le roman réaliste, problématique comme dans le nouveau roman. La polyvalence de l’acte de lecture est le résultat des tensions et des jeux établis entre les deux économies de la lecture : [progresser et comprendre] et un registre textuel.» Le traducteur-lecteur est amené à comprendre le texte à traduire, à progresser en fonction de sa complexité tout en maîtrisant ses variations et ses caractéristiques. Il ne peut avancer dans son acte de lire sans envisager ce progrès sémantique dans une seconde langue, voire un second monde parallèle à celui du roman ou de l’œuvre traduite. Cette réceptivité dédoublée distingue le traducteur-lecteur du lecteur ordinaire que nous sommes. Un traducteur- lecteur réel, en chair et en os, communiquant implicitement avec l’auteur et ses protagonistes, maîtrisant le code linguistique, culturel et esthétique en participant ainsi à la construction des sens. Il a une grande capacité à interroger l’écrit et à redécouvrir ses significations. D’ailleurs, il est qualifié comme le premier récepteur réel identifiable du texte lu. Un récepteur ayant un nom, une existence et un statut. Au contraire, le lecteur réel que nous sommes- qui peut renvoyer à beaucoup d’autres, entre nous, ayant lu le même texte- ne peut être identifié ; nous restons des lecteurs supposés, anonymes, à l’opposé le traducteur-lecteur est un lecteur limité dans le temps et dans l’espace, déterminé par son acte de lecture, responsabilisé dans sa lecture productive, voire personnelle. Cette lecture est considérée comme la lecture la plus proche et la plus semblable au texte originel. Ensuite, le traducteur-lecteur n’a pas droit à l’erreur, il doit lire, rénover, comprendre doublement un texte qui se construit en fonction de son acte de lire, tout en faisant attention à la pluralité du texte littéraire, qui recèle plusieurs niveaux de lecture : notamment, la structure du texte ou son esthétique qui peut poser un problème de sens ou d’ambigüité. Ainsi que les lectures possibles ou nombreuses, qu’un jeu stylistique peut suggérer surtout dans un texte poétique faisant l’objet de plusieurs interprétations. Aussi le texte littéraire véhicule d’autres mondes, d’autres cultures, d’autres espaces, d’autres références, d’autres lieux qui traversent sans introduction d’autres récepteurs, qui peuvent apprécier un monde étranger ou un livre exotique,  tout comme ils peuvent le rejeter. De plus, le traducteur-lecteur est affronté à un texte polyvalent dont-il doit faire une lecture cohérente opérante, voire susceptible d’être expliquée ou réécrite. Finalement, le traducteur-lecteur est pris dans cette communication implicite via le texte, il est aussi affecté par le pacte préétabli entre lui et l’auteur, un pacte qui l’oblige à le seconder, à le présenter, à s’exprimer en son nom. Ce qui lui procure un second rôle celui du traducteur-auteur.

Le traducteur-auteur

Le texte littéraire présente généralement une fiction singulière, si on prend par exemple le roman comme genre littéraire, nous constatons qu’il est un vrai champ archéologique nécessitant  une grande capacité réceptive de la part du lecteur, afin de comprendre ses nuances culturelles, ses tournures stylistiques ou ses messages inexprimés : « Les romans s’inscrivent dans une civilisation dont ils saisissent le défaut de civilité et figurent les cicatrices, les fractures, les causes- toutes les atteintes portées au corps social.» Le traducteur-auteur doit alors saisir le non-dit, arriver à transmettre ce souci de civilité, de dissimilitudes culturelles, qui déterminent un livre allogène.  Son rôle n’est pas seulement de traduire les mots, mais de démontrer les maux, les sentiments, les messages, les idées qui traversent l’énoncé liminaire en le réécrivant sans chercher à le modifier. La réécriture ici doit mettre en relief le sens, le contenu tout en respectant l’esthétique littéraire adéquate. Le traducteur s’identifie à l’auteur, il n’est plus un simple lecteur-récepteur, mais il devient responsable de l’acte d’écrire, il est désormais l’auteur-secondé sans lequel le texte traduit ne peut avoir lieu : « La fiction agirait-elle alors en retour sur son commanditaire, l’auteur ? Naguère contesté, sa figure connaît aujourd’hui une nouvelle jeunesse, tout en complexité, à laquelle le roman participe, jouant avec des imageries littéraires (l’homme de lettres), culturelles (la personne sociale), individuelles (le sujet intime).» Le traducteur-auteur est appelé à jouer le rôle de l’auteur originel. Non seulement à jouer son rôle créatif, mais à s’approprier l’acte d’écrire. Il doit respecter et transposer l’imaginaire élémentaire avec ses moindres vicissitudes dans un autre imaginaire que la langue cible peut accueillir sans le défigurer. Le voyage des sens d’une langue vers une autre n’est jamais sûr, peu de traducteurs peuvent seuls le maîtriser. À vrai dire,  le traducteur-auteur est chargé de transmettre la culture spécifique à l’œuvre traduite y compris son milieu social ainsi que les soucis individuels de l’auteur-originel, ses pensées les plus intimes, ses émotions, son style, ses talents et ses partis pris. Le traducteur n’est plus un simple lecteur capable de recevoir le texte dans une autre langue, mais aussi un écrivain qui doit faire attention aux particularités du texte littéraire et sa spécificité tout en communiquant une pensée, une culture, un imaginaire qui lui sont étrangers dans un univers qui déclare déjà la mort du roman et met le genre en question surtout actuellement où la majorité des jeunes sont focalisés sur la navigation sur internet qui leur suggère des lectures fragmentées, voire anarchiques. Le traducteur est censé être bien enseigné sur les genres littéraires, sur leur développement, leurs différences, leurs distinctifs, comme il doit avoir une large connaissance sur l’auteur traduit, sur les propriétés de son écrit et ses qualités. Sa tâche dépasse le fait d’apprécier, d’aimer ou de s’identifier à un auteur, au fait de déconstruire un texte, de le mettre sous la loupe, afin de le reconstruire dans une autre langue communiquant exactement les messages, les images, les insinuations, les idées, les émotions, les effets que le texte originel raconte, met en relief, dissimule, inspire ou suggère.  Cela veut dire que le traducteur est un auteur secondé dont le texte réécrit trace sa propre création et sa nouvelle production d’un texte qui appartient à un auteur initial, dont le nom figure toujours sur la couverture au détriment du sein, qui s’efface et s’écarte en se limitant dans ce rôle du traducteur-intermédiaire.

Le traducteur-intermédiaire

Le traducteur est avant tout un lecteur du texte originel, un auteur secondé, mais un auteur qui réécrit un ouvrage qui lui est allogène, tant qu’il n’est pas reconnu comme son ouvrage légitime, étant donné que son nom est relégué au second plan au profit du créateur de l’ouvrage. Cette situation complexe du traducteur, lui procure le rôle d’intermédiaire. Un intermédiaire, qui facilite l’accès aux lecteurs à un énoncé qui leur est singulier. Dans ce cas, le texte traduit est considéré comme un nouveau texte originel accueilli dans la langue d’un lecteur, qui découvre le texte dans sa nouvelle version,  une version pourtant qui efface le traducteur au profit de l’auteur élémentaire qui a créé l’œuvre. Nous avons affaire à une double réception du texte littéraire. La première est liée au texte rudimentaire et à ses lecteurs. La seconde est liée au texte traduit et à ses nouveaux lecteurs. Si les premiers récepteurs sont  appelés à relire le texte, à s’impliquer dans leur acte de lire, à se responsabiliser. Les deuxièmes sont considérés comme des lecteurs seconds, pour Mathieu DOSSE ces lecteurs sont induits au silence : « comme si la lecture était une aberration, comme s’il n’avait pas vraiment lu, comme si, enfin, le texte traduit ne pouvait être qu’une introduction, un

vers un original, qui resterai la finalité de toute lecture.»  Et encore il faut respecter la culture cible afin d’éviter de choquer le récepteur second : quand la traduction véhicule des choses permises dans une communauté, mais qui sont tout à fait inconcevables dans la culture d’accueil.  Dans ce cas, la traduction littéraire n’est pas seulement difficile, elle est un véritable problème à résoudre. La traduction littéraire est multiple : nous avons fréquemment plusieurs versions traduites relatives à un texte unique, qui varient complètement l’une de l’autre, mêmes si elles sont interprétées dans la même langue. Ce qui montre que la traduction littéraire n’est pas purement linguistique, parce qu’elle essaye de véhiculer ses propres sens et impose au traducteur une compétence littéraire, voire une lecture littéraire de l’ouvrage traduit qui aille jusqu’à la reproduction du texte originel.  Le danger de la traduction réside dans cette capacité d’interpréter et de s’approprier de nouvelles valeurs, qui peuvent être adaptées dans un milieu étranger à son insu. Reste à savoir si une traduction littéraire est suffisante. Retraduire un ouvrage met-il en question la première traduction? Comment peut-on choisir la bonne traduction ? Quels sont les critères pour distinguer une bonne traduction d’une mauvaise traduction pour un texte littéraire ? Claire PACIAL trouve qu’une retraduction d’une œuvre s’impose quand la première est jugée comme insuffisante, ou mal traduite. Quand aussi elle est mal diffusée. Parfois on traduit un livre, car on est épris de son contenu sans chercher à savoir s’il est déjà traduit ou pas ? D’autres considèrent la traduction d’un ouvrage comme son reflet dans un miroir. Nous nous demandons si ce reflet n’est pas brouillé une fois transmis dans une autre culture ou conçu pour un autre récepteur ? : « Si vous êtes traducteur, votre instrument n’est pas la lyre, ni le pinceau – c’est le miroir. Un monsieur qui verrait dans la glace son reflet encadré soudain d’une tignasse préhistorique, ou coiffé d’une perruque Louis XIV, renverrait par le premier courrier au fabriquant un miroir qui ne fait pas honnêtement son métier, car on ne lui demande pas d’enjoliver mais de refléter, un point c’est tout.» Victor Hugo est du même avis, le bon traducteur, pour lui,  est celui qui reflète le texte originel tel un miroir qui reflète les êtres et les choses : « Le traducteur excellent obéit au poète comme le miroir obéit à la lumière, en vous renvoyant l’éblouissement.» Pourtant, ce jeu de miroitement peut aboutir à une confusion entre l’imaginaire, l’intérêt du traducteur et celui de l’auteur. En voulant voir clair en soi-même, nous avons aussi besoin de voir l’autre. Ce qu’une traductrice, Hélène RIOUX, confirme d’ailleurs dans cette citation : « En traduisant [les histoires des auteurs que je traduis], je m’approche de leur vérité. Je m’approche aussi de la mienne, car la traduction est un miroir.» Si les uns voulaient que le texte traduit soit un reflet exact du premier, d’autres trouvaient que le texte traduit relatait leur moi en les aidant à s’auto-découvrir et à se trouver.  En effet, cette idée de miroir est problématique, dans la mesure où le texte traduit est une reproduction dissemblable qui n’a rien à voir avec le texte liminaire : déjà la langue est différente, les termes sont transposés dans la langue et la culture de l’autre ce qui explique la pluralité des traductions même en une langue identique. Néanmoins, il ne faut point chercher à embellir le texte d’origine ou à le dépasser, il faut en créer une version proche relatant son contenu.  La traduction littéraire est émotionnelle, il ne s’agit point d’un texte cognitif dont les informations brutes font appel à des termes exacts ou précis, mais à un texte imaginaire qui réécrit la réalité à sa manière, et même si cette réalité est transposée dans une autre langue, elle doit garder sa portée affectueuse, voire émotive. Après tout, le texte littéraire cherche à introduire un effet sur ses récepteurs, à frôler leur imaginaire et leurs émotions dans le but de les divertir, de les corriger, de les avertir ou de les impliquer dans l’acte d’élaborer et de produire le sens du texte lu. Le traducteur est aussi un lecteur modèle supposé par le texte littéraire il n’est point un lecteur naïf.

Conclusion

Pour conclure nous pouvons dire que ces interactions via le texte littéraire dues à la traduction de l’ouvrage en lui-même doivent être conceptualisées et déterminées par des représentations concrètes dans le but de délimiter au moins théoriquement ce qu’on entend par la traduction littéraire et par un traducteur littéraire. En effet, nous pensons que c’est le moment pour élaborer une nouvelle théorie de la traduction littéraire qui reste liée à la lecture littéraire, pour la distinguer des autres formes de traductions qui ont leurs propres méthodologies et leur propre conceptualisation. Nous nous demandons quelle est la place du traducteur, en chair et en os, dans un monde où les logiciels de traduction de texte variés sont disponibles sur internet ? Surtout dans ces dernières années où l’internet constitue un espace de traductions intenses, d’échange interculturel rapide illimité, qui dépasse même l’effet de la traduction littéraire classique. Nous nous posons la question sur l’efficacité et l’utilité de ces moyens technologiques susceptibles de remplacer le traducteur conventionnel un jour.       

                        

BIBLIOGRAPHIE 

Livres 

  • BARTHES Roland, « La Mort de l’auteur », in Bruissement de la langue, Éd. du Seuil, coll. « Essais critiques IV », Paris, 1984.
  • BERTRAND Gervais, À l’Écoute de la lecture, Éd. VLB Éditeur, Montréal, 1993.
  • BIROUK Nadia, Le lecteur réel dans quelques récits de voyage de Michel Butor, Éd. Éditions Universitaires Européennes, Allemagne, 2012.
  • BLANCKEMAN Bruno, Les fictions singulières, Éd. Prétexte, coll. « Critique », Paris.
  • DOSSE Mathieu,  L’Acte de traduction : Écrire, publier lire, « La traduction littéraire à l’âge de la mondialisation », Université Paris VIII,  Paris.
  • ESCARPIT Robert, L’Écrit et la communication, Éd. Presses Universitaires de France, coll. « Le point des connaissances/Que sais-je ? », 5e éd. [1re éd., 1973], Paris, 1993.
  • JOUVE Vincent, La lecture, Éd. HACHETTE Supérieur, coll. « Contours Littéraires », Paris, 1993.
  • PIÉGAY-GROS Nathalie, Le lecteur, Éd. GF Flammarion, coll. « Lettres », 2002.

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2019-01-05
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