
Photo de groupe des membres des deux associations devant l’une des kasbahs historiques de Douar Tamlalte
Dans une ambiance qui résume à elle seule les valeurs de solidarité et d’ouverture culturelle, le douar Tamlalte, relevant de la commune d’Aït Sedrate Jbel Sefli, dans la province de Tinghir, a accueilli le samedi 22 août 2026 une étape bénévole et culturelle exceptionnelle, réunissant des jeunes du Maroc et de France autour d’un programme commun porté par l’Association Tamlalte pour le Développement, en partenariat avec l’association française Animaje France. L’oasis du Dadès a ainsi vécu, le temps d’une journée, une belle effervescence mêlant couleurs artistiques, chants amazighs et bruit des pelles sur la terre.
Le matin dédié à la terre, le soir dédié à l’art
Le programme a démarré le matin par une campagne de nettoyage à laquelle ont participé, avec un enthousiasme remarquable, les adhérents des deux associations, qui ont sillonné les ruelles du douar dans une ambiance marquée par la coopération et le sens des responsabilités collectives envers l’environnement. Loin d’être une simple opération de nettoyage, cette campagne s’est transformée en un véritable moment de sensibilisation : les encadrants ont profité de l’occasion pour expliquer l’importance de préserver la propreté du village, de réduire les risques liés aux déchets sur l’environnement et la santé publique, et de valoriser le patrimoine naturel dont regorge l’oasis.

Les adhérents des deux associations au lancement de la campagne de collecte des déchets à l’entrée de Douar Tamlalte
L’après-midi, le lieu s’est transformé en un espace dédié à deux ateliers artistiques et culturels complémentaires, accueillis par l’hôtel « Majorelle Tamlalte ». Les étudiantes et étudiants de l’association française Animaje s’y sont mêlés avec enthousiasme aux jeunes de l’association Tamlalte, dans une atmosphère empreinte de joie et d’ouverture réciproque entre les deux cultures.
Atelier Tifinagh : quand les lettres amazighes deviennent jeu et identité
Le premier atelier a été consacré à l’alphabet tifinagh et au chant amazigh, animé par l’enseignant et artiste Omar Aït Saïd, qui a proposé aux participants une introduction captivante aux lettres tifinagh, à leurs symboles et à leur portée historique, avant de passer à la pratique : les participants se sont exercés, pas à pas, à écrire leurs prénoms en caractères amazighs sur le tableau papier, dans une ambiance d’applaudissements, de rires et d’encouragements mutuels entre jeunes Français et jeunes du douar. L’atelier ne s’est pas limité à l’aspect théorique : des moments de chant amazigh sont venus rythmer la séance, transformant la salle en un véritable espace festif — l’artiste a d’ailleurs souligné que l’apprentissage du tifinagh doit passer par la joie et le rythme pour mieux s’ancrer dans la mémoire.

L’artiste Omar Aït Saïd explique aux participants les secrets de l’alphabet tifinagh et de ses symboles
Atelier de peinture : le mur transformé en galerie
Le second atelier, lui, a été consacré aux arts plastiques, animé par le grand artiste peintre Moha Malal (artiste et scénariste), aux côtés de l’artiste Houssine Moulaherbi. Le duo a présenté aux participants les fondamentaux des arts plastiques, leurs différents genres, principes et techniques, avant de laisser libre cours à la créativité de chacun. Sur un long mur de l’espace d’accueil, papiers cartonnés et couleurs se sont transformés en tableaux vivants : paysages de l’oasis, symboles amazighs, visages et rêves d’enfance — autant de créations reflétant l’imaginaire de la jeunesse marocaine et française. L’expérience s’est achevée par une petite exposition improvisée et un débat ouvert entre les artistes et les participants, qui a renforcé la proximité entre les hôtes français et les habitants du douar.

Une partie de la petite exposition des œuvres réalisées par les participants lors de l’atelier de peinture
Un programme de volontariat complet, porté par l’esprit de solidarité
L’atelier culturel et artistique n’a été qu’une étape parmi un programme de volontariat plus large, mené par la jeunesse marocaine et française durant leur séjour dans l’oasis du Dadès : chantiers de construction traditionnelle en terre et en pierre, nettoyage des séguias au cœur des oliveraies, travaux de creusement et d’aménagement, transport de roseaux pour la toiture traditionnelle, rencontre sportive amicale, ainsi que des activités collectives renforçant l’esprit de vivre-ensemble entre les deux groupes.
| Fabrication artisanale de briques de terre (adobe)
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Nettoyage des séguias au cœur des oliveraies
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| Transport de roseaux pour la toiture traditionnelle
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Rencontre sportive amicale entre les deux équipes
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| Travaux collectifs de creusement et d’aménagement
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Cercle de rencontre collectif dans la cour du douar
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Témoignage : « Les valeurs du vivre-ensemble triomphent dans l’oasis du Dadès »

Dans une déclaration accordée au journal, Hassan Tahiri, vice-président de l’Association Tamlalte pour le Développement, a souligné l’importance de cette rencontre pour ancrer les valeurs de coexistence et de tolérance entre la jeunesse des deux rives :
| « Ces activités, culturelles et artistiques dans leur ensemble, contribuent à faire triompher les valeurs de notre village et de l’oasis du Dadès, et ancrent les valeurs de coexistence et de tolérance entre les adhérents de notre association et ceux de l’association française. Nous sommes très heureux de l’implication de tous : les artistes du village, Malal et Omar Aït Saïd, et bien d’autres encore, ainsi que la population du village et sa jeunesse, dans la réussite de cet atelier culturel que nous ambitionnons sérieusement de développer. »
— Hassan Tahiri, vice-président de l’Association Tamlalte pour le Développement |
Hassan Tahiri a par ailleurs précisé que l’Association Tamlalte organise chaque année plusieurs activités variées, malgré l’absence de tout soutien financier officiel. L’association française a pris en charge l’hébergement et la restauration de ses adhérents, tandis que l’Association Tamlalte s’est chargée des siens ainsi que du programme éducatif et culturel destiné aux invités — un modèle de partenariat fondé sur la complémentarité et la solidarité.
L’Association Tamlalte, un pont entre les cultures au cœur de l’Atlas
L’Association Tamlalte pour le Développement œuvre en faveur des valeurs de tolérance, de coexistence et de vivre-ensemble, et s’efforce de renforcer l’attractivité territoriale de l’oasis du Dadès à travers des activités annuelles alliant dimensions environnementale, culturelle, sportive et solidaire, ouvrant ainsi la jeunesse locale à l’échange avec ses homologues d’autres nationalités.
Les soutiens qui ont rendu ce rêve possible
Cette rencontre n’aurait pu voir le jour sans la mobilisation conjointe de plusieurs partenaires, à leur tête :
- Les autorités locales, sous l’autorité d’Aït Sedrate Jbel
- La commune d’Aït Sedrate Jbel Sefli, qui a mis à disposition un camion de collecte des déchets
- L’hôtel Majorelle Tamlalte, qui a accueilli les ateliers et pris en charge la réception des invités
- Le Riad Dreams Dades, qui a assuré l’hébergement
- La population du douar Tamlalte, qui a ouvert son cœur et les portes de son village à ses hôtes
Ainsi, entre un coup de pinceau, une lettre tifinagh et un coup de pelle dans la terre, l’oasis du Dadès a écrit, le temps d’une seule journée, une belle histoire d’un Maroc ouvert sur le monde : un Maroc qui accueille ses hôtes avec le sourire et leur transmet un message clair — la culture et le bénévolat sont un langage commun qui n’a besoin d’aucune traduction.
OMAR AIT SAID





