HOMMAGE • CHANSON AMAZIGHE DU SUD-EST
« Mayslan i wul inu »
Le groupe Tighremt rend un vibrant hommage à Samrose, figure incontournable de la chanson amazighe du Sud-Est

Pochette officielle de « Mayslan i wul inu », interprétée par le groupe Tighremt — Tighremt N Uzawan Project
Le 18 août 2026, la scène musicale amazighe du Sud-Est marocain a vécu un moment chargé d’émotion. Le jeune groupe Tighremt, porté par son projet #Tighremt_N_Uzawan_Project, a dévoilé sur les réseaux sociaux et sur sa chaîne YouTube officielle une reprise de « Mayslan i wul inu » , titre emblématique signé à l’origine par le grand artiste Samrose, de son vrai nom Abdessamed Outtaleb, l’un des piliers incontestés de la chanson moderne de la vallée du M’Goune.
Une reprise pensée comme un hommage
Loin d’être une simple reprise, cette version de « Mayslan i wul inu » se présente comme une véritable déclaration d’amour artistique. À travers son interprétation, Tighremt rend hommage à l’univers musical de Samrose tout en y insufflant sa propre sensibilité, nourrie de sonorités amazighes contemporaines et d’une émotion sincère. Cette rencontre entre deux générations et deux univers invite l’auditeur à s’interroger sur sa place dans un monde qui semble parfois avoir perdu son sens.
« Mayslan i wul inu, c’est le voyage de chaque âme qui refuse de cesser de chercher la lumière, même au cœur de l’obscurité. »

Ayyub, la voix principale de Tighremt, rend hommage à Samrose
Ayyub, chanteur principal du groupe Tighremt, sur scène
Interrogé sur les raisons de ce choix artistique, Ayyub, chanteur principal du groupe Tighremt, n’a pas caché son admiration pour l’artiste originel :
« Samrose reste toujours un grand chanteur, une véritable star qui a laissé sa trace artistique. Sa mélodie et sa belle voix résonnent encore et encore dans nos oreilles. Il mérite un grand hommage. »
— Ayyub
Des mots qui traduisent bien l’esprit de cette reprise : non pas effacer l’œuvre originale, mais la faire vivre autrement et la transmettre à une nouvelle génération d’auditeurs, tout en honorant celui qui l’a façonnée.

Omar Ait Said : « Samrose est un grand ami »
Le témoignage ne s’arrête pas là. Omar Ait Said, lui-même artiste reconnu de la scène amazighe du Sud-Est et compagnon de route de longue date, a tenu à apporter sa propre voix à cet hommage collectif :
« Samrose est un grand ami. Nous avons passé de bons moments ensemble, surtout depuis mes débuts dans le parcours artistique. C’est lui qui jouait à mes côtés au oud, et qui chantait aussi en chorale. Il est un grand artiste de Kelâat M’Gouna. »
— Omar Ait Said
Ce témoignage rappelle que Samrose n’a pas seulement marqué le public par sa voix et ses compositions : il a aussi tissé, au fil des années, des liens artistiques et humains forts avec toute une génération de musiciens de la région.

Un travail collectif, porté aussi par Said Ouchtou
Cette reprise n’aurait pu voir le jour sans le travail discret mais essentiel mené en coulisses. L’artiste Said Ouchtou a lui aussi apporté une contribution précieuse à ce projet, tant sur le plan de l’arrangement musical que par sa participation à la chorale, prêtant sa voix et son expertise pour donner à cette version de « Mayslan i wul inu » toute sa profondeur sonore. Un travail de l’ombre qui rappelle que derrière chaque hommage réussi se cache aussi l’engagement de musiciens et de choristes dévoués, tout aussi essentiels à la réussite du projet que les voix qui occupent le devant de la scène.



Samrose,
Samrose (Abdessamed Outtaleb), figure de la chanson moderne de la vallée du M’Goune
Abdessamed Outtaleb, connu sous le nom de scène Samrose, est aujourd’hui considéré comme l’un des cavaliers de la chanson moderne de la vallée du M’Goune. Aux côtés d’artistes tels qu’Omar Ait Said, Mellal, le groupe Amnay Aza Band, Fahim Riyad, et bien d’autres figures du grand Assamer, il a contribué à façonner un genre musical à part entière : une chanson amazighe moderne, ancrée dans l’identité et l’héritage culturel du Sud-Est marocain, tout en s’ouvrant à des sonorités et des thématiques contemporaines.
Né dans les années 1990 dans une région longtemps restée en marge des grands centres de production musicale amazighe — Asammer , Souss, Moyen Atlas, Rif —, ce courant a permis de donner une voix propre à cette partie du Maroc, entre Haut Atlas oriental et confins du désert, riche d’un patrimoine linguistique et culturel amazigh vivant.





Une nouvelle génération qui porte le flambeau
En choisissant de reprendre « Mayslan i wul inu », le groupe Tighremt s’inscrit résolument dans cette continuité. Loin de se contenter d’imiter, ces jeunes musiciens cherchent à faire dialoguer héritage et modernité, prouvant que la richesse musicale du Sud-Est amazigh continue de se réinventer, portée par une nouvelle génération consciente de la valeur de ceux qui l’ont précédée.
Ce geste d’hommage, salué par les principaux concernés — Ayyub et Omar Ait Said en tête —, illustre une dynamique précieuse dans le paysage musical amazigh : celle de la transmission, du respect entre artistes et de la reconnaissance du travail des pionniers, à l’image de Samrose, dont l’empreinte continue d’inspirer.
OMAR AIT SAID
La chanson « Mayslan i wul inu », interprétée par Tighremt, est disponible sur les réseaux sociaux du groupe et sur sa chaîne YouTube officielle Tighremt Officiel & تغرمت.